Nathalie, victime de violences conjugales, livre son histoire : “L’emprise, c’est un virus dans le cerveau”

Elles s’appelaient Patricia, Lisa, Mélanie ou encore Farida. Elles font partie de 121 femmes

Cette année, ils ont perdu la vie sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint.

Elle s’appelle Nathalie. Sa vie, elle a eu l’opportunité de la garder, mais, surtout, d’être « née de nouveau ». Elle a rencontré son ex-mari en 2012. Elle se souvient d’une histoire “magnifique, tout allait bien”. « Au bout de deux ou trois ans, il y avait des signes mais ça ne m’a pas vraiment choqué, c’était insidieux, comme c’est souvent le cas. »

Originaire des Yvelines, cet ancien responsable du prêt-à-porter a décidé de s’installer entre Chartres et Drax en 2017, en compagnie de son ex-compagne. “Et puis ça a empiré. J’étais isolée, je ne connaissais plus personne et j’étais loin de ma famille, de mes amis, raconte la mère de deux enfants. J’avais surtout honte devant eux. L’influence phénomène a commencé est fait, mais, à ce moment-là, nous ne comprenons pas ce qui nous arrive. »

L’association Behind Walls vient en aide aux victimes de violences conjugales et interfamiliales à Drakes

Comme beaucoup de femmes, elle a, pour la première fois, tenté de se libérer de l’étau qui l’étouffait. « Un incident grave s’est produit et j’ai dû aller à l’hôpital avec ma fille. Là-bas, les médecins nous ont cachés pour qu’il ne puisse pas nous trouver », raconte Nathalie. “On m’a dit que je ne devais pas rentrer à la maison. Mais ma fille avait 4 ans, Noël approchait et je ne voulais pas la priver de ça, alors je suis rentré à la maison. Elle endure, endure, endure. Fait et résiste. Jusqu’à 22 avril 2020.

J’étais inhumain, privé de mon essence, jusqu’à ce que je me connaisse.

Lire Aussi :  Louvre, Grévin... Comment les musées français se protègent du vandalisme écolo

“Si je m’arrête là, je me suis dit que j’irai au fond du jardin”, se souvient-elle, les yeux larmoyants. « J’ai eu la chance d’être suivie par la Protection Mère Enfant à l’époque. J’ai appelé et j’ai dit que je n’avais pas beaucoup de force, j’avais peur. Deux heures plus tard, avec sa fille sous un bras et quelques affaires dans l’autre, elle arrive au Berkel des Apprentis d’Auteuil, à Chartres, spécialisé dans l’accompagnement et l’accueil des femmes en difficulté. Un sanctuaire qui allait devenir sa bouée de sauvetage.

(vide)

A Berklee avec sa fille, elle trouve un moment de repos, une pause, un temps pour choisir le cours de sa vie, démêlée par des années de violences psychologiques, sexuelles et financières. “Grâce à Le Berkel, je suis remonté d’une autre manière dans ma tête et j’ai compris que ce que j’avais vécu n’était pas à négliger. On veut continuer à y croire, car on est dans l’amour inconditionnel mais, en fait, ce n’est pas de l’amour. L’influence est un virus dans le cerveau. J’étais inhumain et privé de mon essence, jusqu’à ce que je me connaisse. » prime

Itinérance, violences conjugales, routes migratoires… Les femmes se réapproprient la Fondation Berkel d’Auteuil Apprenties à Chartres

Résilience

Progressivement, elle entame sa rééducation à Berkeley, avec un suivi psychologique et psychomoteur. “Quand nous arrivons ici, nous sommes comme un oiseau tombé de son nid, les ailes brisées, sans savoir où nous allons. Et, là, ils réparent nos ailes, ils nous aident à voler à nouveau. »

Lire Aussi :  Soupe sur des tableaux, vitrines barbouillées... Pourquoi les actions coup de poing du groupe écologiste Just Stop Oil font débat

Un nouveau vol long et fatigant, dans le but de se retrouver, en tant qu’homme mais aussi en tant que femme. “J’avais des rêves et je les ai quittés. Je voulais retrouver cette personne, qui était une femme brillante », sourit la timide quadragénaire. Son sourire, elle l’a perdu :

(vide)

Elle et sa fille ont d’abord été accueillies en appartement, par la structure d’accueil pour apprentis d’Auteuil, avant de rejoindre une maison collective, un moment “pour briser la solitude et se rendre compte qu’on n’est pas seule et ce chemin, des dizaines d’autres femmes empruntent aussi ça.” “J’étais à genoux, avec le dernier souffle et la dernière force que j’avais, je les ai jetés dans cette bataille de reconstruction et j’ai réussi. »

“Tu dois dire non, c’est mon message”

Depuis juillet 2021, Nathalie, sa fille aujourd’hui âgée de 7 ans, mais son fils de 21 ans a aussi trouvé son cocon à la Convention de Chartres. “Parfois, je culpabilise encore, je me demande si ce n’était pas ma faute, si ce n’était pas moi, le lien défectueux”, s’émerveille Nathalie. “Mais, aujourd’hui, j’ai travaillé très dur et très dur sur moi-même pour m’y remettre. »

A Chartres, des centaines de personnes ont défilé contre le racisme et les violences sexuelles faites aux femmes

Lire Aussi :  l’œuvre d’art imaginée par deux designers independants

Arrivée à Berklee en 2020, elle a suivi une formation de négociatrice immobilière. Avant la deuxième étape, un baccalauréat en affaires immobilières, qu’elle devrait compléter dans les prochains mois. « Merci pour ce travail, je veux aider les femmes. Investir dans l’immobilier est une porte qui se ferme pour des gens comme moi, qui avaient de la sécurité et qui en avaient besoin », déclare Nathalie.

(vide)

Après avoir porté plainte, son ex-mari a d’abord été condamné à deux ans de prison avec sursis. Il écope finalement d’une peine de douze mois de prison, qu’il ne purgera pas, d’une interdiction de contact avec elle et d’une obligation de lui verser des dommages et intérêts.

Et si elle a encore parfois du mal à comprendre jusqu’où elle est arrivée, aujourd’hui, la détresse et la souffrance ont laissé place à l’espoir et au soleil. « Quand je suis arrivé à Berklee il y a deux ans, je n’aurais pas parié sur moi-même. Et je n’aurais pas imaginé que je serais dans mon petit nid, avec mes deux enfants, dans un havre de paix”, avoue-t-il.

« Dans la vie, nous pouvons trouver des pierres sur notre chemin, qui peuvent construire un mur. Mais il faut tout faire pour les prendre un par un, leur construire un pont et passer de l’autre côté, car là-bas ce sera bien. »

Selon le collectif féministe We All, il y a eu 121 féminicides depuis le début de l’année.

Nombre d’urgences et d’audiences.

Source

Leave a Reply

Your email address will not be published.

Articles Liés

Back to top button