Le dangereux pari de l’insularité économique

La Banque d’Angleterre a mis sur papier mercredi ce que tout le monde avait compris depuis des mois. Truffé de faux chiffres et de manipulations algorithmiques, le Brexit pèse lourdement sur l’économie britannique, la rendant moins efficace et moins attrayante. La nouvelle a eu le plaisir d’enfoncer le clou, révélant le jour même que Paris détrônait Londres en termes de capitalisation boursière. Choquant.

Maintenant, le Premier ministre Rishi Sunak doit essayer de remettre la barre droite. Sous couvert d’austérité, son mini-budget présenté jeudi annonce la couleur à mille lieues des verts pâturages que les Brexiters ont accrochés aux sujets de Sa Majesté il y a quelques années.

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Les défaillances de la perfide Albion pourraient presque faire sourire les Suisses, qui ont toujours su se faufiler dans les moindres trous de fromage de la construction européenne. Ils tentent aussi, avec un certain succès, de profiter du divorce anglo-européen pour nouer de nouveaux liens commerciaux ou scientifiques avec Londres.

Le spectre d’une lente perte d’attraction

Il est bon que ces opportunités ne remplacent pas une relation saine et pacifique avec l’Union européenne (UE). Alors que le monde se complexifie et que des blocs géopolitiques se forment, l’économie exportatrice suisse a tout à gagner d’une relation équilibrée et fluide avec son principal partenaire commercial.

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Le risque de voir l’économie suisse s’effondrer aussi spectaculairement et violemment que celle du Royaume-Uni est quasi nul, notre pays bénéficie d’une situation géographique et d’une image industrielle sans commune mesure. Au contraire, c’est une érosion lente et évidente qui menace de corrompre la légendaire compétitivité suisse dans l’image que connaissent les communautés de la recherche et de la technologie.

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Qu’elles soient sanitaires ou énergétiques, les crises qui se succèdent depuis près de trois ans ne doivent pas empêcher la Suisse de regarder en face son destin européen. Considérant que l’Autriche et le Luxembourg, pays membres de l’UE, ou la Norvège, intégrés dans l’Espace économique européen, ne s’en sortent pas moins bien que lui. Il faut espérer que le nouveau visage que proposera le Conseil fédéral en janvier saura enfin s’attaquer à un dossier trop longtemps passé sous silence.

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