Laurent Garnier, retour sur l’itinéraire d’un DJ surdoué

compliqué – Diffusé ce lundi sur Canal + doc ainsi que sur la plateforme MyCanal, un beau documentaire retrace la carrière du Français et l’histoire de la musique électronique ces trente dernières années.

L’homme est d’une stature internationale dans la musique électronique mais n’a jamais oublié d’où il vient. Son humilité, son enthousiasme, sa compréhension musicale et son humour résument les trente premières années de la carrière de Laurent Garnier dans ce documentaire. Issu d’une famille de forains dans les années 1960, Garnier est tombé dans la musique à cause des airs qu’il entendait dans les manèges. Et s’il n’a jamais repris l’affaire familiale, le garçon n’a jamais oublié la leçon.

Après le choc de l’ouïe Je ressens l’amour Par Donna Summer au Club Italien, il s’enferme dans sa chambre et apprend à danser sous une boule disco dès l’âge de 10 ans ! Et ça continue. “Ça ne se pose jamais”, en témoigne son ami Eric Morand, avec qui il a fondé le label F Communications au début des années 1990. C’est pourtant dans la restauration que le destin du jeune homme s’est scellé lorsqu’il intègre une école hôtelière. A 18 ans, en 1984, il apprend son métier à l’Ambassade de France à Londres. En pleine ère Thatcher, la ville est à la croisée des sons : pas la pire école pour les Français fous de musique, qui fréquentent les clubs louches et profitent pleinement de la vie. En 1987, il se retrouve à Manchester, où New Order vient d’ouvrir un club mythique : l’Hacienda. Il se fait remarquer et commence à y mixer sous le nom de DJ Pedro. Là encore, le timing est impeccable : la Grande-Bretagne inaugure une énième révolution musicale, celle de l’acid house. “Il pleuvait dans le club car il y avait beaucoup de condensation”, Se souvient le musicien souriant.

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Le deuxième été d’amour, en 1988, a permis au jeune homme d’apprendre très vite. L’heure des rave parties, l’ambition est de faire sortir la house music du club. En Angleterre, il n’a rencontré aucune difficulté, mais la manie française de l’ordre a coupé les ailes à ce mouvement spontané. Jack Lang intervient : “Nous avons diabolisé la musique électronique.” Pourtant, c’est bien Garnier, un bon Français, qui lui donnera ses lettres de noblesse mondiale aux côtés de quelques pionniers américains comme Derrick May, Jeff Mills ou DJ Pierre.

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Garnier est drôle lorsqu’il décrit son service militaire comme serveur au mess des officiers de Versailles, cinq soirs par semaine à la Locomotive, au Palace ou au Rex Club, ce qui remplissait sa sainteté. Nourri des témoignages des plus grands noms du genre, plein de pédagogie et dénué de toute fioriture, le film donne une clé de la carrière de Garnier, mais, au-delà, de la transformation qu’a subie la musique au tournant du nouveau siècle. Et surtout, on ne peut résister au charme de cet homme célèbre, sympathique, indéniablement brillant et perpétuellement fascinant.

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